quinquarâle

Se pisser aux culottes …

Elle vous l’avait dit la semaine dernière dans son précédent post sur les séniors, elle allait vous en remettre … une couche. Pas pour en faire un sujet de plainte sur les travers de la ménopause ou du vieillissement (non … jamais vous ne verrez cela dans ce blog !), mais sur l’angle de l’agacement que suscite ce sujet pour la communicante et la « Zorette » que vous savez qu’elle est.

Se pisser aux culottes, donc. L’expression fait sourire. D’autant qu’assez bêtement, elle s’en rend compte, votre Quinqua préférée l’utilise assez souvent. Non pas que cela soit « déjà » d’actualité, en ce qui la concerne, mais parce toute femme qui rit se pisse dessus, c’est bien connu !

Ne traite-t-on pas de pisseuse, toute femme, dès son plus jeune âge, d’ailleurs ?

Car l’incontinence urinaire est encore un sujet qui visiblement ne semble concerner que les femmes (or on sait que les hommes en sont également atteints). Pourtant, en bord de route, dans nos campagnes, aux Fêtes de Bayonne ou de Mont-de-Marsan … qui voit-on jambes écartées contre les arbres ou les murs … des femmes bien sûr ! Au passage, Quinquarâleuse est horripilée par ces hommes qui s’arrogent le droit de marquer leur territoire de leurs urines malodorantes. Et de klaxonner, si tant est qu’elle en surprenne un, sur un bord de route, afin qu’en sursautant, il s’en prenne plein les pieds. Si si, c’est très drôle, on vous conseille d’essayer. Passons … si l’envie d’uriner croît vraisemblablement en vieillissant, le sujet va aller de pair, la population française vivant de plus en plus longtemps (on attend 1 million de nonagénaires en 2050).

Partons donc du principe, pour ce papier, que les femmes sont donc seules à être concernées par « les fuites ». Joli mot, s’il en est, qui consiste à dire que les femmes ne retiennent plus leurs urines. Pour ne pas dire n’importe quoi, on s’est un peu renseigné et on a consulté quelques articles en ligne mais également une thèse sur ce sujet (et oui, rien de ce qui se dit ici n’est imaginaire !).

Il existe 3 types d’incontinence : l’incontinence à l’effort, par impériosité ou regroupant les deux, dite « mixte ».  En France, près de 3 millions de femmes de tous âges sont affectées par des problèmes d’incontinence urinaire. 1 femme sur 5 souffre d’incontinence urinaire d’effort, avec un pic maximal entre 55 et 60 ans. Vous verrez plus loin pourquoi ce chiffre a son importance.

Pour traiter les incontinences, il existe 4 niveaux d’intervention « médicale ». Les traitements comportementaux (user de techniques pour apprendre à mieux connaître son anatomie et réguler ses intervalles de passages au pipi-room : celles qui sont concernées doivent bien se marrer), la rééducation périnéale manuelle (mmmmm !) ou par sonde (un régal !!!)  – « allez-y Madame, serrez bien fort ! Bravo ! Vous avez une courbe parfaite » – , les traitements pharmacologiques et, en dernier lieu, la chirurgie.

Sauf que si toute cette armada de traitements divers et variés existe … et bien comment dire … pas facile, ni pour les patientes, ni pour le corps médical (a fortiori si le médecin est un homme, voire joli garçon !) d’évoquer ce sujet dans l’alcôve du cabinet médical.

Car là est le problème : le sujet est TABOU.

Les femmes qui en sont victimes le minimisent d’elles-mêmes, alors qu’elles ressentent honte, peur, dévalorisation, inconfort et, je vous le donne en mille,  qu’elles « se sentent obligées de mettre une protection ». Nous y voilà !!!

L’incontinence est un problème grave, largement minimisé par le corps médical. Elle entraîne des problèmes physiques, psychologiques et sociaux. Elle isole socialement et a un impact sur les activités professionnelles (certaines arrêtent de travailler ou changent de métier) sportives, sexuelles. Parfois même amènent à la dépression. Et favorisent ce que l’on appelle les conduites ou stratégies d’anticipation (savoir où se trouvent les toilettes sur tel parcours effectué dans la journée etc …). Un vrai handicap, donc. On peut le comprendre et s’en émouvoir.

On a envie de dire : mais que font les médecins, et autres aide-soignant ? Et bien pas grand-chose a priori. Pourquoi ? Parce que ceci n’est pas « une maladie qui tue ».

Avez-vous vu où votre Quinqua veut en venir ??? 

A ne pas évoquer le sujet, on laisse les femmes se démerder … Et que font-elles ? Elles courent, à la première goutte sur leur fond de culotte, acheter la jolie protection anti-fuite Téna. A peine après avoir quitté les protections pour les règles qu’elles ont dû supporter 40 ans, elles passent à celle adaptée aux urines. Chouette !!! Quand le problème s’aggrave, elles enfilent la jolie culotte montante papier à fleufleurs, qui comme dit précédemment, leur permettent de nouveau de rire, de grimper à vélo ou de sauter en parachute … Et quand elles sont extrêmement vieilles, leurs aides-soignantes leur suggèrent, non pas de se lever la nuit, mais de « faire pipi dans sa couche ». Une honte !

Alors qu’il existe des traitements. Et une opération, a priori simple, assez indolore et efficace dans la grande majorité des cas. Pourquoi n’est-elle pas proposée ou seulement dans de rares cas aux patientes ? That’s the question …

Peut-être parce que cela pourrait représenter un coût monstrueux de traiter correctement les patientes ? Si on poussait même le bouchon un peu loin, on pourrait se demander s’il n’existe pas des accointances entre ce corps médical et les grandes entreprises qui se font de l’or en barre sur le dos des pisseuses ? Les Procter & Gamble et autres fabriquants de couches-culottes … Ce serait gros, non ? 3 millions de femmes concernées, ça devient un sacré sujet économique non ? Un joli marché, bien lucratif.

C’est d’ailleurs ce que dénoncent certains médecins, choqués des messages publicitaires qui banalisent le problème de l’incontinence urinaire en montrant des femmes portant des protections, et favorisant ainsi les non-dits. « Les moments Ooups ! »  Ca vous parle ? (Parce que bien sûr, toutes les femmes font oups quand elle pissent de rire !) Il n’y a qu’à se poster devant sa télévision à certaines heures de la journée où « les femmes d’un certain âge » sont devant leur écran, pour voir nombre de publicités de même ordre, quand ce n’est pas pour les appareils auditifs ou les conventions obsèques. Histoire de rappeler à cette cible qu’elle « s’oublie », n’entend rien (ce sont encore là des femmes qui souvent sont sourdingues) et va bientôt passer l’arme à gauche. Réjouissant. En cette Fête des Mères proche, surtout dites à vos Mamans d’éteindre la télé …

Oui. Il y en a marre. Marre de voir ces femmes ravies de pouvoir de nouveau avoir une vie normale grâce à « Always discreet » alors qu’un tout petit coup de bistouri, pris en charge par la sécu, leur éviterait l’inconfort d’être en permanence « protégées » et de se priver de la joie s’acheter de jolis dessous, si le cœur leur en dit, quel que soit leur âge. Car qui a envie d’enfiler tous les matins une couche en papier et d’embarquer dans son sac ses rechanges quotidiens dès la moindre promenade programmée ! Qui prend les femmes pour de tels jambons ?

Et votre Quinqua pensa alors à sa grand-mère, toute coquette, qui serait plutôt morte que d’avoir à enfiler la moindre protection anti-fuite.  Et qui doit bien se fendre la binette, maintenant, depuis la petite étoile où elle repose.

Quelques sources :

https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=incontinence-chiffres

Thèse : « la prise en charge de l’incontinence de la femme en médecine générale », Anne-Claire Guicheteau-Magnier, 2015

https://ecm.univ-rennes1.fr/nuxeo/site/esupversions/00365b65-da51-41c5-8bc7-ad3428b7938b?inline

3 réflexions au sujet de “Se pisser aux culottes …”

  1. J’avais fait un article sur ce problème, parce que la pub ou la femme est super contente avec sa grosse couche qui ne se voit pas !!!!!! l’opération est remboursée par la sécu. Je conais des femmes autour de moi qui y ont eu recours et je le dis haut et fort que dès que les fuites deviendront mon quotidien j’irais subir cette petite intervention.
    C’est tabou mais faut en parler ! Merci pour ton article.

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  2. Excellent ! Et quand on pense que 10 % des hommes souffrent d’énurésie primaire (c’est à dire qu’il n’ont jamais arrêté le pipi nocturne), il y a de quoi parler de parité !
    Bisous

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